Le brutalisme fait partie de ces styles architecturaux immédiatement reconnaissables. Son apparence et sa composition sont simples : des blocs de béton en général empilés les uns sur les autres. Leur caractère futuriste des monolithes brutalistes les rend difficiles à ignorer. L’architecte Elizabeth Roberts se rappelle sa première expérience avec un édifice du genre. « C’était quand j’étudiais à Berkeley dans le Bauer Wurster Hall, un bâtiment en béton, sans ornement, conçu par le doyen de l’époque, William Wurster. »
Cette construction datant de 1964 n’est pas particulièrement célèbre pour son apparence : Elizabeth Roberts précise même qu’il s’agissait d’une des structures les moins attrayantes de l’université, « mais pour beaucoup d’entre nous – y compris moi – son absence intentionnelle de décoration et l’impressionnante honnêteté de sa forme et de ses matériaux, semblaient offrir l’environnement idéalement neutre pour apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur l’architecture ».
Le brutalisme n’est en effet pas aimé comme on aime le le baroque ou le modernisme du milieu du XXe siècle, mais sa géométrie rigide et son indiscutable simplicité sont d’une beauté évidente. Ci-dessous, AD passe en revue 17 des plus beaux bâtiments brutalistes au monde.
Photo: Sherry Smith/Getty Images1/17San DiegoSituée sur le vaste campus de l’université de San Diego, la bibliothèque Geisel a été conçue par l’architecte américain William Pereira à la fin des années 1960. Construit entièrement en verre et en béton, cet immeuble de huit étages a été érigé au sommet d’un piédestal devenu emblématique pour les gens du coin. Pereira y a insufflé au brutalisme immédiatement reconnaissable des touches du modernisme et du futurisme de l’ère spatiale, ce qui a fait entrer la ville côtière, belle endormie, dans un espace plus contemporain.
Photo: Getty Images2/17VienneSurnommée « Wotrubakirche », l’église de la capitale autrichienne est l’œuvre de l’artiste viennois Fritz Wotruba. Il a conçu cette église sculpturale, édifiée entre 1974 et 1976, comme un ensemble de blocs empilés les uns sur les autres, de façon assez lâche. Les espaces laissés entre ces blocs sans ornement sont en verre réfléchissant, ce qui favorise la circulation de la lumière à l’intérieur de l’édifice.
Photo: Getty Images3/17MadridÀ Madrid, à seulement deux kilomètres du grand parc du Retiro, les Torres Blancas conçues par Francisco Javier Sáenz de Oiza se démarquent de leurs homologues plus néoclassiques qui bordent les rues de la ville. Achevées en 1969, ces tours étaient des immeubles résidentiels densément peuplés que l’architecte espagnol voulait faire ressembler à d’énormes arbres, avec leurs troncs et leurs feuillages, qui, ici, sont ces balcons
ronds.
MarseilleOde à l’œuvre du Corbusier, le Brasilia est l’exemple du brutalisme français dans toute sa splendeur. Fernand Boukobza a conçu ces appartements à deux niveaux, dont certains sont dotés de vastes loggias, pour le compte d’un promoteur désireux d’offrir des logements aux familles à revenus faibles et moyens. Si l’œuvre angulaire de Le Corbusier a été la principale source d’inspiration de l’architecte, la visite de la capitale brésilienne par Boukobza a également joué un rôle dans sa conception.
Photo: View Pictures/Getty Images5/17New DelhiHaut de près de 100 mètres, le Palika Kendra conçu par Mahendra Raj et Kuldip Singh en 1984, a longtemps été l’un des plus hauts bâtiments de la capitale indienne, et ill est également l’un des rares bâtiments brutalistes de la ville. Aujourd’hui, il abrite le conseil municipal de New Delhi.
Photo: AFP/Getty Images6/17ParisPeu d’architectes ont cultivé le brutalisme avec autant de finesse que Marcel Breuer, le grand-père du genre. Inauguré en novembre 1958, le siège de l’UNESCO conçu par Breuer, connu à Paris sous le nom de Maison de l’UNESCO, est un bâtiment cubique destiné aux délégations permanentes et aux organisations non gouvernementales. Deux autres bâtiments d’architectes l’accompagnent, conçus par le français Bernard Zehrfuss et l’italien Pier Luigi Nervi.
Birmingham, AngleterreBirmingham regorge de monuments datant de la révolution industrielle qui rappellent l’histoire ouvrière de la ville. De 1964, et appelé Big Box, le poste d’aiguillage était (et reste toujours) inaccessible au public, ce qui le rend d’autant plus intriguant, compte tenu de sa façade tape-à-l’oeil. Se dressant fièrement sur cinq étages, il est beaucoup plus grand qu’un poste d’aiguillage traditionnel.
Photo: View Pictures/Getty Images8/17Taichung, TaiwanLe théâtre national de Taichung est la preuve tangible que tout vient à point à qui sait attendre. Il a fallu onze ans à l’architecte tokyoïte Toyo Ito pour réaliser ce projet de 135 millions de dollars. La toute nouvelle salle de spectacle de Taichung, où l’opéra taïwanais donne des représentations majestueuses, se trouve au pied d’une longue allée bordée d’arbres.
Photo: Construction Photography/Avalon/Getty Images9/17LondresSi de nombreux bâtiments historiques de Londres sont de bons exemples d’architecture édouardienne ou Tudor, le Royal National Theater est indéniablement brutaliste. En 1988, le prince Charles déclarait que cette structure était « une façon intelligente de construire une centrale nucléaire au milieu de Londres sans que personne ne s’y oppose ». Sa piètre opinion de ce théâtre public était alors partagée par beaucoup.