Une étude scientifique prometteuse a été publiée quelques semaines avant la Cop 15 d’Abidjan consacrée à la lutte contre la désertification. Une équipe franco-chilienne a isolé les molécules responsables de la résistance à la sécheresse d’une vingtaine de plantes du désert d’Atacama, la région la plus aride au monde.
Les paysages sont martiens, frappés par un soleil de plomb, où la Nasa teste des appareils. Ici la terre est ocre, « triste comme du cuivre », écrivait le poète français Louis Aragon. Elle abrite la moitié des réserves mondiales de lithium.
Pas une âme humaine, pas d’arbre, pas d’oiseau sur des centaines de kilomètres entre le Pacifique et la Cordillère des Andes. Entre 2 000 et 4 500 mètres d’altitude. La nature est forcément hostile. Pas une goutte d’eau ou presque. 0,1 millimètre de pluie par an en moyenne. Il pleut 250 fois plus au Sahara.
Le plus inhospitalier des déserts
C’est l’endroit le plus aride au monde (si on excepte les « vallées sèches » de l’Antarctique où il n’y a pas eu de précipitations depuis 2 millions d’années !)
Et pourtant, quelques plantes vivent dans le désert d’Atacama, qui pourraient être utiles à l’avenir de l’humanité, comme vient de le montrer une étude réalisée par l’Université pontificale catholique du Chili et l’université de Bordeaux, et publiée quelques semaines avant la Cop-15 d’Abidjan, le sommet mondial consacrée à la lutte contre la désertification qui s’achève ce vendredi 20 mai.
« Le désert d’Atacama est un environnement particulièrement intéressant pour les scientifiques, décrit Pierre Pétriacq, enseignant-chercheur à l’université de Bordeaux et à l’Inrae, l’institut national de la recherche agro-alimentaire et environnementale. Il présente des facteurs de stress extrême : une forte teneur en sel dans les sols, un ensoleillement très élevé, une quantité d’eau dans le sol très pauvre – 50 fois plus sec que la Vallée de la mort en Californie. C’est le plus inhospitalier des déserts. »

