Le roi belge entame la dernière étape d’une visite de six jours en République Démocratique du Congo après s’être senti emblématique et « regretté » le traumatisme de la colonisation. Le dimanche 12 juin marquant la poursuite des combats d’agressions dans l’est, avec l’entrée en jeu de l’Ouganda à côté du Rwanda voisin. Le roi Philippe, son épouse la reine Mathilde et la délégation gouvernementale belge les accompagnant lors de leur première visite dans l’ex-Congo belge rencontrent le prix Nobel de la paix 2018, le médecin congolais Denis Mukwege à l’hôpital Panzi, à la périphérie de Bukavu. Province du Sud-Kivu.

Par JEAMPY ALIVISION/ GRANDAFRIQUE.INFO avec GUERCHOM NDEBO / AFP

Depuis la fin des années 1990, cette partie de l’est de la République démocratique du Congo, comme l’Ituri et les provinces plus au nord du Nord-Kivu, subit des victimes de violences sexuelles brutales utilisées comme « arme de guerre ». sont en proie à la violence des groupes armés depuis près de 30 ans. Denis Mukwege, dit « L’homme qui répare les femmes », a également mené un combat contre l’impunité qui entoure et encourage ces crimes. Il a milité pour la « justice transitionnelle » et la Cour internationale de justice en République Démocratique du Congo.

Lorsque le couple royal est arrivé dimanche matin à Bukavu en provenance de la principale ville minière de Lubumbashi dans le sud-est, des affrontements entre troupes congolaises et terroristes du « M23 » ont été signalés dans la province du Nord-Kivu à la frontière ougandaise. De nouveaux combats violents d’où l’armée rwandaise et les forces spéciales ougandaises se sont jointes sur le terrain contre les FARDC « , a révélé une source sécuritaire de haut niveau. « Les Ougandais nous ont poignardés dans le dos », a dénoncé la même source.

M23 ancienne rébellion tutsie a été vaincue en 2013 et refait surface à la fin de l’année dernière, accusant les autorités de Kinshasa de ne pas avoir honoré la promesse de ses combattants de se désarmer et de se réintégrer. La RDC a de nouveau accusé le Rwanda de soutenir et d’armer l’insurrection, ce que Kigali continue de nier.

Pour Dennis Mukwege, l’implication du Rwanda est incontestable. « L’agression est évidente, elle doit être nommée, et la Belgique peut le faire », a déclaré le médecin lors d’une conférence de presse avant l’arrivée du roi belge à l’hôpital de Panzi.

Il estime que la Belgique peut « jouer un rôle très important » dans la crise et a appelé l’ensemble de la communauté internationale à être témoin de cette « agression », qu’il a comparée à la guerre de la Russie en Ukraine.

«Nous, on nous demande de négocier avec nos agresseurs, alors que quand la Russie a agressé l’Ukraine, ce sont toutes les nations qui ont demandé que cette agression s’arrête», a-t-il dit, déplorant que la RDC et le Rwanda soient renvoyés dos-à-dos dans cette crise. Il faut arrêter «l’humanisme à géométrie variable», le «double standard», a-t-il demandé.

Dans un discours mercredi à Kinshasa, qui lui avait permis de redire ses «plus profonds regrets pour les blessures» infligées aux Congolais durant la période coloniale, le roi Philippe avait aussi parlé de «la violence inhumaine et de l’impunité» régnant «trop souvent» dans l’est. Il avait également évoqué «la préservation de l’intégrité territoriale du Congo, une préoccupation majeure».

Le souverain n’a pas pris la parole dimanche. Mais la ministre belge de la Coopération, Meryame Kitir, a réaffirmé le «soutien» de la Belgique au «droit de la RDC de défendre l’intégrité de son territoire et de défendre sa population contre les groupes armés et toute ingérence extérieure». «Tant la RDC que ses voisins doivent effectuer des efforts internes pour assainir la situation sécuritaire», a-t-elle déclaré, en appelant à éviter tout «message de haine vis-à-vis de certaines communautés». «Nous rendre visite en ce moment, où le Congo est victime d’une énième agression, est un acte humanitaire fort», «un acte de courage exceptionnel», a estimé le Dr Mukwege.

«Nous ne vous oublierons jamais, vous êtes des femmes d’exception pour la manière dont vous avez fait face aux atrocités», a de son côté déclaré la reine Mathilde aux femmes rencontrées à l’hôpital, selon le service de communication du Premier ministre congolais qui participait à la visite. Le roi et la reine devaient retourner dans la soirée à Lubumbashi puis regagner Bruxelles lundi.

Recent posts

Motivation de la Semaine

« L’actualité institutionnelle mondiale constitue le reflet des équilibres géopolitiques et des normes qui orientent la gouvernance internationale. »

JA