Candidat de la coalition présidentielle, Amadou Mame Diop a été élu président de l’Assemblée nationale, dans une ambiance proche du chaos.
C’est en présence des gendarmes, à l’intérieur même de l’hémicycle, que le nouveau président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Amadou Mame Diop, a été élu dans la soirée du lundi 12 septembre, jour d’une rentrée parlementaire très mouvementée marquée par des bagarres, des insultes, des cris et un micro arraché. Candidat de la coalition présidentielle Benno Bokk Yaakar (BBY), le député-maire de Richard-Toll, une ville du nord du Sénégal, est peu connu du grand public.
« Je serai votre président, le président de tous les députés. Ensemble pour relever les défis d’une assemblée constructive engagée pour le peuple sénégalais qui attend beaucoup de nous », a-t-il déclaré dans la cacophonie, une fois sa victoire annoncée.
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Elu avec 83 voix sur 84 votants, sur un total de 165 parlementaires, ce pharmacien de profession, député depuis 2012 et fidèle militant de l’Alliance pour la République (APR), le parti créé par le président Macky Sall, n’est pourtant pas reconnu par le camp de l’opposition, qui a boycotté le scrutin.
« Le vote nous a été imposé par les gendarmes alors que nous contestions la procédure. Nous ne considérons pas Amadou Mame Diop comme le président de l’Assemblée nationale mais comme un président factice », dénonce Abas Fall, député du parti Pastef-Les Patriotes, dirigé par la figure de l’opposition Ousmane Sonko. Alors qu’il n’a pas voté, le parlementaire prévient d’ores et déjà que l’opposition va « utiliser les voies de recours » qui s’offrent à elle pour faire invalider ce vote.
Débats « déplorables »
Deux points de blocage ont crispé les discussions de cette session parlementaire qui s’est ouverte avec plus de quatre heures de retard. D’abord, des désaccords sur la procédure liée aux bulletins de vote pour l’élection du président de l’Assemblée. Mais surtout l’opposition n’a cessé de dénoncer « l’incompatibilité » des postes de ministres et de députés. Les parlementaires se sont succédé au pupitre pour demander que les deux députés qui sont encore en poste au gouvernement ne puissent pas voter puisqu’ils n’ont pas démissionné de leurs responsabilités exécutives

