La crise diplomatique qui vient d’éclater entre Rabat et Tunis au sujet du Sahara occidental se nourrit de l’emprise croissante d’Alger sur son petit voisin oriental en quasi-banqueroute financière.

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Analyse. C’est une brouille qu’il faut surveiller de très près, car elle est inédite, ombre nouvelle sur les équilibres stratégiques d’un Maghreb à la stabilité déjà fragilisée par la fracture algéro-marocaine. La crise qui a éclaté, le 26 août, entre la Tunisie et le Maroc au sujet du Sahara occidental est, à l’évidence, vouée à durer, le royaume chérifien n’entendant pas si aisément passer l’éponge.

Le président tunisien, Kaïs Saïed, a franchi à ses yeux la ligne rouge des convenances diplomatiques en accordant un accueil digne d’un chef d’Etat à Brahim Ghali, le chef du Front Polisario, le mouvement indépendantiste du Sahara occidental, en conflit avec les forces marocaines. L’affront a été commis à l’aéroport de Tunis-Carthage, la veille de l’ouverture du sommet Japon-Union africaine, en rupture avec la tradition diplomatique du pays. La Tunisie avait jusque-là opté pour la « neutralité » dans ce conflit sahraoui mettant aux prises Rabat et Alger, principal soutien du Front Polisario.

Le geste protocolaire de M. Saïed a été dénoncé comme une « attitude hostile » par le Maroc, qui a aussitôt rappelé son ambassadeur en poste à Tunis – mesure à laquelle la Tunisie a répliqué en rappelant son propre représentant à RabatDepuis, les efforts d’apaisement ne semblent guère avoir abouti. Le courroux marocain se nourrit d’une conviction : l’incident de l’aéroport de Tunis-Carthage n’est pas un simple accident, mais découle d’un alignement grandissant de la Tunisie sur une Algérie enhardie par l’envolée des cours des hydrocarbures, à l’heure de la guerre en Ukraine.

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