Candidat à un poste de sénateur, l’ancien joueur de football américain Herschel Walker, ultraconservateur soutenu par Donald Trump, est accusé d’avoir payé l’avortement d’une de ses compagnes et de mentir sur son parcours. Sa base électorale ne lui en tient pas rigueur.

Quelles sont les chances de survie politique d’un homme emmuré dans ses propres mensonges ? De cette question pourrait dépendre la prochaine majorité au Sénat américain. A l’approche des élections de mi-mandat du 8 novembre, qui s’annoncent indécises, l’attention se focalise sur un affrontement-clé en Géorgie : celui entre le révérend Raphael Warnock, élu démocrate sortant, et le républicain Herschel Walker.

Ce dernier, soutenu par Donald Trump, qui se félicite même d’avoir suscité sa candidature, se trouve au cœur d’une tempête médiatique d’une rare vigueur. Ancienne vedette de football américain, Herschel Walker, moqué pour son ignorance et la pauvreté de son expression orale, vacille sur un sujet délicat pour son parti, celui qui mobilise massivement les démocrates : l’avortement.

Défense maladroite

Le 3 octobre, le site The Daily Beast a révélé que le candidat républicain, partisan d’une interdiction complète de l’interruption volontaire de grossesse, sans exception pour l’inceste ou le viol, avait financé l’avortement d’une jeune femme en 2009. Cette dernière a fourni au site un reçu bancaire de l’époque pour un chèque signé de la main de Herschel Walker, une carte de vœux de bon rétablissementportant également sa signature ainsi que la facture de la clinique. En réponse à l’article, l’ancien joueur de football américain a annoncé son intention de porter plainte, évoquant un « mensonge complet ». Interrogé sur l’antenne de Fox News, Herschel Walker s’est maladroitement défendu au sujet du chèque. « J’envoie de l’argent à beaucoup de gens », a-t-il dit.

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Les affres personnelles de l’ancien sportif, âgé de 60 ans, ne cessent de l’embarrasser depuis sa victoire très nette aux primaires républicaines. L’ancienne épouse de Herschel Walker, Cindy Grossman, avait déjà dénoncé ses comportements violents dans le passé. Un jour, il aurait pointé un pistolet contre sa tempe, en promettant de lui « exploser la cervelle », selon ses dires. « Vous savez, que celui qui n’a pas péché me jette la première pierre », a réagi le candidat dans un entretien télévisé, en précisant qu’il croyait à la « rédemption ».

En juin, la presse a révélé que Herschel Walker avait eu deux enfants hors mariage, dont il ne s’était jamais occupé. Affaire purement privée ? Pas vraiment. A plusieurs reprises, pendant la campagne électorale, l’ex-footballeur s’est félicité de la relation positive qu’il avait avec son fils de 22 ans, Christian, tout en fustigeant l’absence des pères, particulièrement dans les foyers de la communauté noire.

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