Portrait Le pape François effectue une visite apostolique en RD-Congo du 31 janvier au 3 février. Il y sera accueilli par Félix Tshisekedi, 59 ans, président de la République démocratique du Congo depuis le 25 janvier 2019. Baptisé catholique en bas âge, ce dernier est aujourd’hui chrétien évangélique et compte plusieurs pasteurs dans son entourage proche.
En juin 2019, six mois après son élection comme président de la RD-Congo, pour la première alternance démocratique dans ce pays d’Afrique centrale, Félix Tshisekedi a organisé une « journée d’action de grâce ». À cette occasion, au cours d’une cérémonie publique qui s’inscrivait dans la pure tradition pentecôtiste, il avait demandé pardon à Dieu pour ses fautes et celles de ses prédécesseurs, tout en lui confiant les destinées du pays.
C’était également une manière pour lui d’afficher son appartenance à la mouvance pentecôtiste et de rendre hommage aux évangéliques qui ont massivement voté pour lui. « La profession de son appartenance à ces Églises lui vaut une sympathie généralisée des hommes d’Églises pentecôtistes et de leurs fidèles qui soutiennent son pouvoir », analyse Jean Onaotsho Kawende, professeur de philosophie à l’Université catholique du Congo.
Les Églises évangéliques
Né au sein d’une famille catholique, Félix Tshisekedi, 59 ans, est aujourd’hui chrétien évangélique avec, parmi ses conseillers, un certain nombre de pasteurs. L’un des plus connus est Jacques Kangudia Mutambayi, son conseiller spirituel, par ailleurs responsable de la Coordination pour le changement des mentalités (CCM), une instance chargée de la lutte anti-corruption. Il y a aussi Jacques Kambala Tshilombo, cousin et conseiller spécial du chef de l’État, mais aussi Olivier Tshilumba Chekinah, pasteur de l’Église « Nouvelle vie » et homme d’affaires.
« L’influence des pasteurs pentecôtistes semble atteindre son paroxysme sous le pouvoir de Félix Tshisekedi, souligne Jean Onaotsho Kawende. On le constate à travers des journées de prière lancées par la présidence de la République au cours desquelles le président fait personnellement pénitence au nom de tous ses prédécesseurs. »
Si le président congolais participe à toutes les cérémonies importantes de l’Église catholique, chaque critique virulente de l’Église contre sa gestion du pouvoir entraîne de violentes attaques sur les réseaux sociaux mais aussi, parfois, de manière physique. Ainsi, en août 2021, l’archevêché de Kinshasa avait été saccagé par des jeunes qui fustigeaient l’absence de l’Église catholique congolaise à la table des négociations pour la désignation d’un président à la tête de la Ceni.
« Enfant de l’Église catholique »
Pour tempérer ces tensions, en marge du consistoire du 5 août 2019 au cours duquel Mgr Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa depuis novembre 2018, a été créé cardinal, le président congolais avait réaffirmé son attachement à l’Église. « Je suis un enfant de l’Église catholique, et j’ai été baptisé dès l’âge de 2 mois, avait-il confié à Radio Vatican. J’ai grandi dans l’Église catholique et mes grands-parents étaient très pieux », avait souligné Félix Tshisekedi, avant d’ajouter que deux de ses tantes maternelles avaient été des religieuses et un de ses oncles paternels évêque.

