Martin Kobler a été le chef de la Monusco de 2013 à 2015. Il reproche aujourd’hui à cette mission ses mauvaises performances dans l’est de la RDC.
Par: Judith Raupp | Georges Ibrahim Tounkara
Martin Kobler, aujourd’hui à la retraite, a été chef de la Monusco de 2013 à 2015. Sous sa direction, les casques bleus avaient vaincu les rebelles du M23 en 2013, en collaboration avec l’armée congolaise.
En novembre 2012, la milice avait d’ailleurs occupé Goma pendant une dizaine de jours avant d’en être délogée.
Mais dans la guerre en cours entre l’armée congolaise et le M23, la Monusco semble cette fois se tenir à l’écart des combats.
Lors d’une conférence de presse en mars dernier, à Goma, le représentant de la France auprès des Nations unies, avait ainsi rappelé que la mission de la Monusco était d’aider à mettre en œuvre un accord de paix et de protéger la population civile, et non pas de « faire la guerre ».
Dans un entretien qu’il a accordé à la DW, Martin Kobler critique cette attitude. Selon lui, le mandat robuste de la Monusco autorise une mission de combat.
« Sur ces 20.000 soldats que nous avions à l’époque, il y en avait 3.000, donc trois bataillons, qui venaient d’Afrique du Sud, de Tanzanie et du Malawi. Ils étaient pour des missions de combat offensif. C’était la nouveauté. C’est ensuite toujours une décision politique de savoir comment et quand on les engage », dit l’ancien patron de la Monusco
Réactiver la Brigade d’intervention rapide
Pour Martin kobler, il faut réactiver la Brigade d’intervention rapide. Cela passe, dit-il, par une volonté entre le Conseil de sécurité et la Monusco.
Interrogée sur cette question, la Monusco n’a pas souhaité réagir.
Après la première guerre contre le M23, les casques bleus auraient dû poursuivre le combat contre la centaine de groupes armés actifs dans l’est du pays, explique l’ancien chef de la Monusco.
La mission de l’Onu aurait toutefois manqué de capacités en matière de renseignement. Le renseignement, une question tabou à l’époque, selon Martin Kobler.
« Nous n’avions pas de véritable renseignement. Nous n’avions pas d’argent pour payer des informateurs, comme tout petit service de renseignement. Nous étions donc dépendants des Congolais, des FARDC », explique Martin Kobler.

