KHARTOUM: Après deux mois de combats meurtriers, le conflit au Soudan a connu une escalade avec le meurtre d’un gouverneur dans la région du Darfour, où les témoignages sur des violences de grande ampleur contre les civils se multiplient.
Les affrontements ont éclaté le 15 avril dans ce pays d’Afrique de l’Est, l’un des plus pauvres du monde, entre l’armée, commandée par le général Abdel Fattah al-Burhane, et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), du général Mohamed Hamdane Daglo.
« Même en imaginant le pire, nous ne pensions pas que cette guerre durerait si longtemps », a confié jeudi à l’AFP Mohamad al-Hassan Othman, un habitant du sud de Khartoum qui a fui.
« Nous ne savons pas si nous rentrerons chez nous ou si nous devrons commencer une nouvelle vie », ajoute-t-il.
Pas de répit après deux mois de combats au Soudan
Les combats, qui ont commencé le 15 avril, se sont jusqu’à présent essentiellement concentrés à Khartoum, la capitale de cinq millions d’habitants (Photo, AFP).
Les combats, qui ont commencé le 15 avril, se sont jusqu’à présent essentiellement concentrés à Khartoum, la capitale de cinq millions d’habitants (Photo, AFP).
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Les combats se sont jusqu’à présent essentiellement concentrés à Khartoum et au Darfour, une vaste région frontalière du Tchad
Parallèlement, l’armée soudanaise a accusé mercredi les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) d’avoir « enlevé et assassiné » le gouverneur de l’Etat du Darfour-Ouest
AFP
15 juin 2023
KHARTOUM: Après deux mois de combats meurtriers, le conflit au Soudan a connu une escalade avec le meurtre d’un gouverneur dans la région du Darfour, où les témoignages sur des violences de grande ampleur contre les civils se multiplient.
Les affrontements ont éclaté le 15 avril dans ce pays d’Afrique de l’Est, l’un des plus pauvres du monde, entre l’armée, commandée par le général Abdel Fattah al-Burhane, et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), du général Mohamed Hamdane Daglo.
« Même en imaginant le pire, nous ne pensions pas que cette guerre durerait si longtemps », a confié jeudi à l’AFP Mohamad al-Hassan Othman, un habitant du sud de Khartoum qui a fui.
« Nous ne savons pas si nous rentrerons chez nous ou si nous devrons commencer une nouvelle vie », ajoute-t-il.
Les combats se sont jusqu’à présent essentiellement concentrés à Khartoum et au Darfour, une vaste région frontalière du Tchad, déjà meurtrie par une guerre civile dans les années 2000.
«Plus rien»
Le chef de l’armée a accusé jeudi les FSR d’avoir capturé et tué le gouverneur de l’Etat du Darfour-Ouest, Khamis Abdullah Abakar, après qu’il a donné un entretien par téléphone à une télévision saoudienne mercredi, où il critiquait les paramilitaires.
Les FSR ont nié être responsables de cet « assassinat » mais selon l’ONU, « des récits convaincants de témoins attribuent cet acte aux milices arabes et aux FSR ».
Jeudi, Washington a dénoncé les « atrocités » commises au Darfour-Ouest et jugé « crédibles » des informations faisant état de violations des droits humains par les paramilitaires, notamment des « viols et d’autres formes de violences sexuelles ».
En deux mois, aucun scénario de retour à la paix ne se dessine. A Khartoum, des quartiers entiers n’ont plus d’eau potable. L’électricité fonctionne quelques heures par semaine et la plupart des hôpitaux dans les zones de combat sont hors d’usage.
Les violences ont fait plus de 2.000 morts, selon le dernier bilan de l’ONG ACLED.
Plus de 2,2 millions de personnes ont fui, dont plus d’un million ont quitté Khartoum, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), tandis que plus de 528.000 réfugiés sont arrivés dans les pays voisins.Pendant plusieurs semaines, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis ont servi de médiateurs à des négociations en vue d’un cessez-le-feu.
Mais les nombreuses trêves annoncées n’ont quasiment jamais été respectées, empêchant l’aide humanitaire de parvenir aux millions de civils désespérés.
Dans une nouvelle tentative de médiation, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) avait annoncé lundi que le Kenya allait présider un quatuor comprenant l’Ethiopie, la Somalie et le Soudan du Sud.
Le lendemain, le ministère soudanais des Affaires étrangères avait exigé le retour à la tête du comité du président sud-soudanais Salva Kiir, affirmant jeudi que le gouvernement kenyan avait « adopté les positions de la milice FSR » et « lui avait proposé diverses formes de soutien ».
Près de la moitié de la population, soit 25 millions des 45 millions d’habitants du Soudan, dépend désormais de l’aide humanitaire pour survivre, selon l’ONU.

