Le bilan ne cesse de s’alourdir à la suite du séisme de magnitude 7 qui a ravagé la région de Marrakech. Si c’est plus souvent le nord du pays qui est confronté à ce risque sismique, cet événement n’étonne pas Philippe Vernant, enseignant chercheur à l’université de Montpellier au laboratoire Géosciences Montpellier, spécialiste de tectonique active.

Des habitants de la ville de Moulay Brahim, près de Marrakech, quittent leurs maison après le puissant séisme qui a touché le Maroc dans la nuit de vendredi 8 au samedi 9 septembre. AP – Mosa’ab
RFI : Que s’est-il passé cette nuit au Maroc ?
Philippe Vernant : Le Maroc fait partie des régions où la question n’est pas de savoir s’il va y avoir un séisme, mais quand il aura lieu. Nous sommes dans le Haut Atlas, une chaîne de montagnes qui fait partie de la région qui accommode la convergence entre la plaque africaine et la plaque eurasiatique au nord, ou la plaque ibérique pour la partie espagnole. Il y a des taux de déformation dans la région qui sont de l’ordre d’un millimètre par an. Ce n’est pas très rapide, mais ça suffit pour faire un séisme de temps et en temps et un fort séisme parfois. Ce qu’on a eu cette nuit, c’est simplement le résultat de l’affrontement des plaques tectoniques qui résulte en rupture sur une faille, et qui a donc fait ce qu’on appelle un séisme en faille, avec une partie qui vient chevaucher sur l’autre, dans la région du Haut Atlas.

