Depuis une vingtaine d’années, les dirigeants congolais promettent et échouent à mettre en place un programme national d’identification. Pour comprendre pourquoi les accords conclus avec des sociétés biométriques n’ont jamais abouti, Bloomberg, Lighthouse Reports et Actualite.cd ont passé plus d’un an à étudier ces accords, à interroger plus d’une douzaine de personnes familières avec les négociations et à examiner des milliers de pages de documents non publiés. Après les révélations sur le consortium Idemia/Afritech, ce deuxième volet de l’enquête est consacré aux années Kabila
À Lubumbashi, tout le monde connaît le centre commercial Hypnose. Pour ses débuts publics le 2 juin 2018, les promoteurs avaient organisé une grande fête. L’invité d’honneur ? président congolais de l’époque Joseph Kabila. Debout aux côtés de son épouse, Olive Lembe di Sita, c’est lui qui avait inauguré le bâtiment et coupé un ruban imprimé aux couleurs nationales du Congo avec une paire de ciseaux dorés. A l’époque, personne n’avait révélé les liens qui existent entre Hypnose et le projet de carte d’identité nationale.
Pourtant, ce bâtiment futuriste, dont la construction aurait coûté 25 millions de dollars, permet de mieux comprendre pourquoi le projet d’alors a échoué.

