Le 11 août 2024, le président rwandais Paul Kagame a prêté serment pour son quatrième mandat après avoir obtenu plus de 99 % des voix lors des dernières élections. La cérémonie d’investiture a réuni un nombre impressionnant de dirigeants africains, avec 22 chefs d’État africains, quatre vice-présidents, deux premiers ministres et de nombreux ministres présents au stade de 45 000 places de Kigali.
La cérémonie a également mis en évidence l’absence notable de représentants de pays extérieurs à l’Afrique, la plupart des pays non africains se montrant réticents à y assister. En outre, plusieurs chefs d’État africains ont choisi de ne pas assister à l’événement en personne, préférant envoyer des représentants ou transmettre des messages de soutien.
L’absence de dirigeants occidentaux à l’investiture de Paul Kagame témoigne d’une désapprobation internationale croissante à l’égard de son régime, notamment en ce qui concerne l’implication du Rwanda en République démocratique du Congo (RDC). Le soutien de Kagame au groupe rebelle M23, impliqué dans de graves violations des droits de l’homme en RDC, a tendu les relations avec les pays occidentaux. Ces pays, qui jouent un rôle crucial en matière d’aide économique et de soutien diplomatique, prennent leurs distances, ce qui pourrait conduire à un isolement accru du Rwanda. Cet isolement pourrait déstabiliser davantage la région et affaiblir la réputation du Rwanda dans le monde.
Le quatrième mandat de Kagame intervient dans un contexte de critiques croissantes concernant son régime autoritaire et ses crimes de guerre présumés liés au conflit en RDC. L’absence de dirigeants occidentaux pourrait signaler des sanctions ou des actions en justice imminentes contre son administration, ce qui saperait ses efforts pour maintenir l’image du Rwanda comme une réussite régionale. Sans le soutien de l’Occident, la capacité de Kagame à influencer les politiques internationales et à obtenir des investissements étrangers essentiels pourrait être gravement compromise, ce qui affaiblirait la légitimité de son régime et menacerait la croissance économique du Rwanda.
Dans le contexte du conflit en RDC, où le Rwanda est accusé d’alimenter l’instabilité, cette absence pourrait refléter une réticence plus générale des puissances occidentales à s’engager auprès d’un régime perçu comme de plus en plus rebelle. L’absence de présence diplomatique lors de l’investiture pourrait également enhardir les critiques et l’opposition de Kagame au Rwanda, déstabilisant davantage son emprise sur le pouvoir pendant ce nouveau mandat.

