Il y a des investitures discrètes, sobres, presque timides. Et puis il y a celles qui font le plein, façon soirée VIP à Libreville. Ce 16 octobre, Brice Oligui Nguema a prêté serment dans une ambiance solennelle mais bien remplie, devant plus de treize chefs d’État venus assister au couronnement du nouvel homme fort du Gabon. Entre poignées de main protocolaires et sourires étudiés, la diplomatie africaine s’est offerte une belle réunion de famille.
Quand Libreville devient le Davos de l’Afrique centrale
La scène ressemblait à s’y méprendre à un sommet continental non prévu à l’agenda. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Équato-Guinée), Faye (Sénégal), John Mahama (Ghana)… chacun avait sa place réservée, son protocole ajusté, et son regard vaguement contemplatif. Certains murmuraient que jamais Libreville n’avait vu autant de jets privés en si peu de temps — ni autant de discours vaguement inspirés sur « la transition pacifique » et « l’avenir des peuples africains ».
Ce n’était pas un simple serment, non. C’était un événement à haute portée symbolique, comme on aime les nommer quand on ne sait plus trop si on parle d’un moment historique ou d’un casting pour une saison 2 de la série « Coup d’État, mode d’emploi ».
Un président, des symboles, et quelques coupes de champagne
Brice Oligui Nguema, arrivé au pouvoir après un coup d’État aussi express qu’ »ordonné », a su donner à son investiture des allures d’unité africaine — du moins le temps d’une journée. Le ton était grave, les pupitres bien alignés, et les caméras bien placées pour immortaliser un moment qui, s’il ne restera peut-être pas dans les manuels d’histoire, méritait au moins quelques bonnes pages de photo-reportage.
Dans les couloirs, on parlait alliances, avenir de la CEDEAO, défis sécuritaires et… petits fours. Car en diplomatie, le fond est important, mais la forme l’est souvent plus. Et le buffet de l’investiture a, semble-t-il, fait l’unanimité.
Une transition « sur-mesure » dans l’air du temps
La transition gabonaise se veut rassurante, « inclusive » et « patriotique », selon les mots choisis. Mais derrière les formules, chacun y va de sa lecture. Certains voient en Oligui Nguema le visage d’un renouveau gabonais, d’autres un président par intérim qui s’installe confortablement. Dans tous les cas, les invités sont venus valider, par leur simple présence, une réalité politique bien africaine : un coup d’État qui réussit est souvent celui qu’on finit par saluer.
En attendant, Libreville aura eu son jour de gloire diplomatique. Avec plus de treize chefs d’État sur place, une ambiance feutrée et un président tout neuf, l’événement avait tout d’un mini-sommet à la gloire d’un pouvoir recomposé. Reste à savoir si les promesses tiendront aussi bien que les toasts levés.
Jeampy

