Dans un grand élan de lucidité post-gouvernementale, l’ex-ministre des Finances Nicolas Kazadi, visiblement frappé par l’éclair de la vérité après trois ans de sieste budgétaire, a décidé de parler. Et pas un peu. Invité à la télé, il a dénoncé la création, pendant le premier mandat de Félix Tshisekedi, de 53 établissements publics sortis du néant, nourris sans plan, sans argent, sans vergogne. Des structures fantômes, mais bien réelles quand il s’agit de toucher des salaires.
« On crée d’abord, on paie ensuite, et on réfléchit… peut-être jamais », a-t-il déclaré, sans trembler, comme s’il ne venait pas lui-même d’un de ces conseils où l’on distribue les milliards comme des cacahuètes dans un mariage de province.
Kazadi, visiblement nostalgique de ses exploits comptables, rappelle qu’il a quadruplé le budget national – de 4 à 16 milliards USD – sans que cela ne serve à autre chose qu’à faire grossir les primes, les rubriques, et sûrement quelques comptes privés. « Plus de budget, plus de bonheur partagé », résume-t-il. Un vrai Robin des Bois moderne, sauf qu’ici, on prend aux pauvres pour redistribuer aux fauteuils en cuir.
Et le Parlement ? Une simple formalité : de 5 milliards de FC par mois en 2017 à 45 milliards en 2023. Une inflation de prestige, à défaut de résultats. Mais pas de panique, assure Kazadi : « On en parle au Conseil de sécurité. » Sans doute entre le café et les petits fours.
Pendant ce temps, le président Tshisekedi joue les pompiers pyromanes. À la 42ᵉ réunion du Conseil des ministres, il appelle à l’audit des structures créées… par lui-même. Objectif : vérifier si elles servent à quelque chose. Spoiler : non.
Bref, pendant que l’Est du pays brûle et que les finances fondent, tout le monde s’agite pour réparer un bateau qu’ils ont eux-mêmes percé à coups de perceuse dorée.
Jeampy ALIVISION 😁

