Tanganyika, en République démocratique du Congo. Des Rivières Unies – Dans un geste d’une générosité toute aquatique, les rivières Lubuye, Kituku et Kalemie ont décidé de rendre visite à leurs concitoyens de Kalemie, transformant paisiblement écoles en piscines, maisons en radeaux et routes en canaux vénitiens. C’était la nuit de lundi à mardi, une nuit où même Noé aurait sorti son carnet de croquis.
Par Jeampy ALIVISION 😁
Le bilan est modeste – selon les standards apocalyptiques : quatre morts, des écoles transformées en campings de fortune, des maisons envolées comme des ballons d’hélium, et des familles désormais propriétaires de… rien du tout. Mais au moins, tout le monde est d’accord : on ne manquera pas d’eau cette saison.
Parmi les lieux distingués par ce spa urbain improvisé, l’école primaire Luhonge s’est particulièrement illustrée. Les toitures de ses bâtiments ont préféré prendre le large, laissant élèves et enseignants méditer sur le chapitre « flottaison et abandon de toiture » du programme scolaire non prévu. D’autres bâtiments publics, sans vouloir faire de jaloux, ont suivi le courant, au sens propre.
Pendant ce temps, à Kalemie, on s’interroge encore : les rivières sont-elles fâchées ? Tentent-elles de réclamer des droits fonciers ? Ou simplement de rappeler que la nature, elle, ne se laisse pas draguer sans conséquence ?
La population, stoïque, appelle le gouvernement central à l’aide. Les experts, eux, conseillent de draguer les rivières – avec ou sans fleurs et chocolat – et de construire des voies d’irrigation dignes de ce nom. Mais entre les pluies et les promesses diluées, une chose est sûre : à Kalemie, l’eau n’attend pas les discours.

