Kinshasa (RDC) ECHOSPUBLICS. Dans un pays où plus de neuf millions d’enfants ont été exposés à des formes diverses de violences et où quatre millions vivent en situation de crise humanitaire, le lancement, lundi 9 juin, d’un projet de renforcement du système national de protection de l’enfant marque une étape importante. Initié par le ministère des affaires sociales, Actions  humanitaire et de la solidarité nationale, en partenariat avec le gouvernement canadien et l’UNICEF, ce programme entend structurer, à l’échelle nationale, une réponse durable aux atteintes portées aux droits des enfants.

Ce projet, baptisé « Un enfant mieux protégé en RDC », bénéficie d’un financement de 12 millions de dollars canadiens sur six mois. Il prévoit notamment la formation de travailleurs sociaux, la mise en place de mécanismes communautaires de prévention et d’alerte, ainsi qu’un accompagnement direct pour les enfants victimes de violences physiques, psychologiques ou institutionnelles.

À la tête de ce dispositif, la ministre Nathalie-Aziza Munana, issue du monde social, entend faire de cette initiative un levier de transformation structurelle. « Trop d’enfants en RDC sont exposés à la violence, à la négligence, au travail forcé ou aux mariages précoces », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie de lancement à Kinshasa. « Nous ne pouvons plus nous contenter d’interventions ponctuelles. Il s’agit de reconstruire un système capable de protéger chaque enfant, de manière équitable et cohérente. »

Une volonté de structuration à long terme

En présence de représentants du gouvernement canadien, dont le chef de la coopération à l’ambassade à Kinshasa, et de responsables de l’UNICEF, la ministre a rappelé que l’enjeu dépassait le cadre humanitaire. « C’est un sujet de société, de justice sociale, et de stabilité future », a-t-elle insisté.

Le Canada, principal bailleur du projet, a souligné « l’engagement fort de la RDC et de sa ministre pour faire des droits de l’enfant une priorité », en insistant sur l’importance d’une approche sensible au genre, dans un contexte où les filles sont particulièrement vulnérables.

Un dialogue entre les institutions et les enfants

Un moment marquant de la cérémonie a été la diffusion d’une vidéo réalisée par des enfants congolais, dans laquelle ils expriment leurs espoirs, mais aussi les violences qu’ils subissent. Une manière de rendre visible une réalité souvent tue, et de souligner l’urgence d’une réponse coordonnée.

Le projet porté par Nathalie-Aziza Munana se veut un catalyseur d’action publique : il mise sur une alliance entre l’État, les communautés locales, les partenaires internationaux et les enfants eux-mêmes, dans une logique de coresponsabilité.


Un chantier de fond

Loin d’un simple effet d’annonce, cette initiative ambitionne de bâtir un cadre institutionnel solide pour la protection de l’enfance, dans un pays encore fragilisé par des décennies de conflits, de pauvreté chronique et d’instabilité politique.

La ministre Aziza Munana, qui s’appuie sur une expérience reconnue dans le secteur social, semble incarner une volonté de réforme à long terme. À travers ce projet, elle engage son ministère dans un processus de transformation plus large de l’action sociale en RDC, en inscrivant la question de l’enfance non plus à la marge, mais au cœur de la politique publique.

Le Monarque

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