Kinshasa, le 10 juin 2025. ECHOSPUBLICS. C’est une intervention choc que Jean-Pierre Bemba a accordée à la radio Top Congo, dans laquelle il lance une série de graves accusations visant notamment Joseph Kabila, Moïse Katumbi et certains membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). Des propos qui, s’ils sont avérés, pourraient profondément bouleverser la scène politique congolaise.
« Une tentative de déstabilisation de l’État »
« J’accuse M. Hypolytte Kanambe, alias Joseph Kabila, Moïse Katumbi Soriano et certains acteurs de la CENCO de vouloir éliminer le Chef de l’État », déclare Jean-Pierre Bemba, dénonçant une « tentative de déstabilisation des institutions et d’atteinte à la sûreté de l’État ».
Selon le vice-premier ministre et ancien chef rebelle, cette alliance hétéroclite aurait ourdi un plan de renversement du président Félix Tshisekedi, mêlant manipulation électorale, propagande religieuse et soutien armé.
Joseph Kabila : « Un usurpateur » à la tête du pays ?
Jean-Pierre Bemba ne mâche pas ses mots : « Nous avons eu, à la tête de ce pays, un usurpateur. » Selon lui, Joseph Kabila n’est ni le fils biologique de Laurent-Désiré Kabila ni un Congolais de naissance.
Il affirme que Kabila fut « l’aide de camp du chef d’état-major général de l’armée rwandaise », et qu’il a été imposé comme héritier politique par Kigali. « Son chef, c’est Paul Kagame », dit-il, insinuant une mainmise rwandaise sur les plus hautes sphères du pouvoir congolais.
Bemba va plus loin, affirmant que Joseph Kabila aurait prêté serment « sous un faux nom » et que sa fortune personnelle s’élèverait aujourd’hui à plus de 7 milliards de dollars américains.
Katumbi et des caches d’armes ?
L’ancien gouverneur du Katanga et candidat à la présidentielle, Moïse Katumbi, est lui aussi visé : « Son chauffeur personnel a révélé aux forces de sécurité l’emplacement de plusieurs caches d’armes », révèle Bemba.
Il affirme que Katumbi aurait fui vers la Zambie « avec son épouse », après l’arrestation de son chauffeur. Plus encore, il désigne Katumbi comme l’un des principaux soutiens financiers de l’AFC/M23, groupe armé actif dans l’Est du pays. « J’en détiens les preuves », affirme-t-il, sans toutefois les présenter publiquement.
La CENCO dans la tourmente
Bemba ne s’arrête pas là. Il met en cause certains membres de la CENCO, accusés d’avoir voulu instrumentaliser les résultats électoraux pour provoquer un soulèvement populaire.
« Le site de la CENI a été attaqué plus de 3 400 fois le jour du scrutin. Il y a eu des tentatives d’interférence visant à modifier les résultats en faveur de Moïse Katumbi », avance-t-il. Ces résultats falsifiés auraient ensuite dû être transmis à certains évêques « pour qu’ils les relayent dans leurs homélies ».
Bemba affirme que cette opération aurait bénéficié de l’appui du président rwandais Paul Kagame, qui aurait même organisé une rencontre entre des évêques congolais et Emmanuel Macron à l’Élysée, dans le cadre de ce plan présumé de déstabilisation.
Un combat politique personnel
Jean-Pierre Bemba conclut par un plaidoyer en faveur de son propre parcours : « Je n’ai signé aucun accord pour vendre le pays. Je ne regrette pas mon combat », dit-il, en référence à ses années de lutte armée.
Il affirme avoir remporté les élections de 2006, mais que Paul Kagame s’y est opposé, tout comme en 2011 avec Étienne Tshisekedi : « Kagame estimait qu’il était trop imprévisible. »
Réactions attendues
À l’heure actuelle, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée de la part des personnalités visées. Ces révélations devraient cependant susciter de vives réactions sur l’échiquier politique congolais, déjà marqué par des tensions croissantes à l’approche des prochaines échéances électorales.

