Le sommet de Tianjin, organisé près de Pékin par le président chinois Xi Jinping, s’est clôturé sur une photo rassemblant 26 chefs d’État et de gouvernement, un record pour ce rendez-vous. Initialement conçu comme une réunion des membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), forum centré sur l’Asie centrale, l’événement a pris une dimension inédite avec la participation élargie d’États observateurs, de l’Égypte à la Malaisie.
Pékin en quête d’un nouvel ordre
Selon plusieurs observateurs, Xi Jinping a voulu faire de ce sommet une plateforme de promotion d’un ordre mondial alternatif. Face aux normes politiques, économiques et sécuritaires traditionnellement portées par les États-Unis et l’Union européenne, Pékin met en avant un discours de stabilité et de respect de la souveraineté. Dans un contexte de rivalités croissantes, la Chine se présente comme une puissance de référence capable de fédérer au-delà de son environnement régional.
La position singulière de Budapest
La Hongrie, représentée par son ministre des Affaires étrangères et du Commerce, Péter Szijjártó, a tenu à souligner sa vision d’une coopération ouverte. Sur son compte X, le ministre a prévenu :
« Les tensions mondiales poussent le monde à renouer avec la confrontation entre blocs. Cela va à l’encontre de nos intérêts. Nous bénéficions de la coopération Est-Ouest, qui a fait de la Hongrie un pôle économique au cours de la dernière décennie. Nous défendons une coopération mondiale fondée sur le respect mutuel. »
Cette déclaration illustre la stratégie hongroise, qui cherche à tirer profit de ses liens avec l’Union européenne tout en développant ses relations avec la Chine et d’autres partenaires asiatiques. Budapest mise sur un rôle de passerelle, refusant la logique de l’affrontement et privilégiant la complémentarité économique.
Une vitrine des recompositions internationales
La participation élargie à Tianjin témoigne des recompositions en cours : de plus en plus d’États, souvent situés en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie du Sud-Est, s’intéressent aux forums initiés par la Chine. Pour Pékin, cette dynamique renforce son ambition de bâtir un réseau d’alliances et de dépendances économiques qui dépasse le cadre occidental.
Dans ce jeu de puissances, la Hongrie illustre le choix d’un équilibre délicat : rester ancrée en Europe, tout en multipliant les ouvertures vers l’Est.
Jeampy ALIVISION

