Jugé par contumace en RDC, l’ancien président Joseph Kabila Kabange est arrivé en Afrique du Sud pour participer au dialogue pour la paix organisé à Pretoria. La facilitation est confiée à l’ancien chef d’État sud-africain Thabo Mbeki par la Fondation Thabo Mbeki, dont la position, considérée comme favorable aux groupes rebelles, a déjà été dénoncée par Kinshasa.
Ce retour de Kabila dans l’arène diplomatique crée la surprise et nourrit les spéculations. Ancien homme fort de Kinshasa, longtemps discret depuis son départ du pouvoir, il apparaît désormais comme un acteur cherchant à reprendre pied dans la recomposition politique congolaise. Mais sa participation à une initiative conduite par un facilitateur perçu comme proche des thèses rebelles fragilise davantage sa légitimité.
Du côté des autorités congolaises, le rejet de la médiation de Mbeki est sans équivoque. Pour Kinshasa, il ne s’agit pas d’un processus neutre, mais d’une tentative de donner une caution politique à des forces armées qui déstabilisent l’Est du pays.
Au niveau régional, ce dialogue non reconnu risque d’accentuer les clivages. La SADC, dont l’Afrique du Sud est un pilier, s’expose à des tensions avec Kinshasa, tandis que le Rwanda et l’Ouganda observent attentivement la manœuvre, eux qui sont régulièrement accusés de soutenir les rébellions congolaises. Dans ce jeu d’influences, la participation de Kabila, allié historique de Pretoria, apparaît moins comme une quête de paix que comme une réouverture du bras de fer politique et géopolitique autour de l’avenir de la RDC.
JA

