La convocation d’Achille Kadima Mulamba, directeur d’AfricaNews, et de deux journalistes de sa rédaction par le Parquet général, relance le débat sur la liberté de la presse en République démocratique du Congo. En toile de fond : un rapport explosif sur la mauvaise gestion d’un projet de logements sociaux, et une inquiétante série d’intimidations contre les médias indépendants.
Des journalistes dans le viseur du pouvoir
Le climat se tend autour de la presse congolaise. Le directeur d’AfricaNews, Achille Kadima Mulamba, et deux de ses collaborateurs ont été convoqués par le Parquet général après une plainte déposée par François Muamba Tshishimbi, coordonnateur du Conseil présidentiel de veille stratégique (CPVS).
En cause : la publication par le journal d’un rapport interne du CPVS mettant en cause l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, pour mauvaise gestion présumée d’un projet de logements sociaux. Selon les conclusions du document, 94 % des fonds alloués auraient été décaissés sans qu’aucune habitation ne soit livrée — un constat accablant pour l’ancien ministre.
Un climat d’intimidation croissante
Cette convocation intervient dans un contexte déjà explosif. Quelques heures plus tôt, le journaliste Gauthier Sey, responsable du média en ligne Netic-News, a été placé en détention, alimentant les craintes d’une vague de répression visant les professionnels de l’information.
Pour le RAJEC (Rassemblement des Journalistes pour l’Émergence du Congo), cette série d’événements traduit une dérive autoritaire préoccupante :
« Nous assistons à une criminalisation du métier de journaliste en RDC. Ceux qui osent publier des informations sensibles deviennent des cibles », dénonce l’organisation.
La liberté de la presse en péril ?
Alors que la Constitution congolaise garantit la liberté d’expression et de la presse, de plus en plus de journalistes dénoncent des pressions, des convocations arbitraires et des menaces directes lorsqu’ils s’attaquent à des sujets sensibles.
Pour plusieurs observateurs, cette situation illustre une tentative de museler la presse indépendante et de contrôler le récit public, à la veille de nouveaux enjeux politiques et économiques majeurs.
Appel au respect du droit à l’information
Le rôle des médias est de rendre compte, enquêter et informer. Restreindre leur action, c’est affaiblir la démocratie. Le RAJEC, ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains, appellent les autorités à garantir la sécurité, l’indépendance et la dignité des journalistes.
La liberté de la presse n’est pas un privilège : c’est un droit fondamental et une obligation républicaine.
Jeampy ALIVISION

