Un séisme politique ébranle Madagascar : l’ancien chef de l’État Andry Rajoelina a été officiellement déchu de sa nationalité malgache, selon un décret publié ce samedi dans le Journal officiel. Cette mesure, signée par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, s’appuie sur l’article 42 du Code de la nationalité malgache qui prévoit la perte de la citoyenneté en cas d’acquisition volontaire d’une autre nationalité.

Selon les documents officiels, Andry Rajoelina aurait acquis la nationalité française en 2014 alors qu’il était déjà aux commandes de l’État malgache. Cette information, longtemps restée confidentielle, alimente aujourd’hui une vive controverse quant à la légitimité de ses mandats et met en lumière des questions de transparence dans la vie politique du pays.

La décision survient dans un contexte hautement tendu. Rajoelina aurait été renversé à la suite d’un mouvement de contestation populaire et d’une mutinerie militaire ; il aurait quitté le pays le 11 octobre, avant d’être officiellement destitué le 14 octobre. Depuis, un gouvernement de transition dirigé par un militaire a été instauré.

La déchéance de nationalité signifie qu’Andry Rajoelina ne pourra plus se présenter à une élection à Madagascar, une exclusion qui pourrait redessiner durablement le paysage politique national. Pour ses partisans, elle apparaît comme un coup de manœuvre politique ; pour d’autres, comme un retour à l’État de droit et à la souveraineté nationale.

L’ancien président n’a pas encore réagi publiquement à cette décision. Son avenir politique reste incertain, tout comme les effets de cette affaire sur la stabilité institutionnelle de Madagascar.

Jeampy ALIVISION

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