Kinshasa — Le procès très attendu d’Honorine Porshe s’est ouvert, vendredi 25 octobre, devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe, dans le cadre de l’enquête sur le braquage de l’agence Rawbank de la place Victoire. Dès les premières minutes de l’audience, une déclaration de l’accusée a surpris l’assistance. Interrogée sur ses croyances, elle a répondu d’une voix calme : « Je ne prie pas, je ne crois pas à Dieu. »

La phrase, inattendue dans un contexte judiciaire souvent marqué par les références religieuses, a jeté un froid dans une salle déjà sous tension. Elle traduit la posture de défi qu’adopte depuis son arrestation cette femme de 33 ans, citoyenne allemande d’origine congolaise, devenue malgré elle une figure médiatique.

Son visage tuméfié, largement relayé sur les réseaux sociaux après une interpellation violente, avait suscité de vives réactions au Congo comme à l’étranger. Pour ses partisans, Honorine Porshe serait victime d’un appareil sécuritaire brutal ; pour ses détracteurs, elle incarne la dérive d’une jeunesse fascinée par le crime et la provocation.

Son avocat, Me Francis Kasonga, a annoncé une « défense spectaculaire », promettant de « nombreuses révélations » au cours des audiences. Le dossier mêle des accusations graves — participation à un braquage armé — à des allégations de mauvais traitements et de violations des droits humains lors de son arrestation.

Le tribunal militaire devra désormais établir la part de vérité dans cette affaire où la frontière entre accusée et victime paraît de plus en plus incertaine.

Jeampy Alivision

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