L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a porté, jeudi 13 novembre 2025, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe à sa présidence. L’ancien ministre d’État, qui a longtemps siégé au sein de cette chambre avant de rejoindre l’exécutif, prend la tête de l’institution avec l’ambition affichée d’en réaffirmer le rôle démocratique et de renforcer la place des députés dans le fonctionnement parlementaire.
Fort de près de quinze années d’expérience au Palais du peuple, Aimé Boji a présenté un programme structuré autour de douze priorités destinées, selon lui, à « replacer le député au centre de l’action de l’Assemblée nationale ». Ce chantier, qu’il qualifie de majeur, doit s’appuyer aussi bien sur une rénovation du cadre institutionnel que sur une amélioration des conditions de travail des élus et du personnel parlementaire.
Parmi les axes mis en avant, le nouveau speaker insiste sur le respect strict du règlement intérieur, une participation plus équilibrée aux missions parlementaires — en veillant au pluralisme politique, au genre et à la représentativité — ainsi qu’une distribution plus équitable de la parole en séance plénière. Il promet également une rémunération « régulière et adéquate » pour les députés, assortie d’une amélioration des conditions de mobilité, de couverture médicale et d’hébergement.
Le programme prévoit en outre une modernisation des outils de travail, avec l’introduction accrue de la numérisation dans le processus législatif, ainsi qu’une gestion administrative et financière fondée sur la transparence. Aimé Boji entend aussi accorder une attention particulière au personnel administratif et aux assistants parlementaires, qualifiés de « maillon essentiel » du fonctionnement de l’institution.
Des mesures d’embellissement et de sécurisation du Palais du peuple figurent également parmi les priorités, de même que la mise en place d’un dispositif de contrôle d’accès renforcé pour les personnes et les objets potentiellement dangereux. Le nouveau président propose enfin la création d’un programme permanent de formation parlementaire afin de renforcer les compétences des élus en matière législative, budgétaire, diplomatique et communicationnelle.
Jusqu’à sa récente démission, Aimé Boji Sangara occupait le poste de ministre de l’Industrie. Il a rejoint l’Assemblée nationale à la demande du chef de l’État, Félix Tshisekedi, auquel il a rendu un hommage appuyé lors de son allocution d’investiture. Le nouveau président de la chambre basse a salué la confiance que lui accorde le président de la République, également chef de la majorité au pouvoir.
Jeampy ALIVISION

