Le jeune opposant et activiste politique Nathanaël Onokomba a été transféré à la prison militaire de Ndolo ce mardi 13 janvier 2025, à Kinshasa. Son dossier, instruit par le Conseil national de cyberdéfense, a été transmis au parquet militaire, qui retient contre lui une série d’accusations jugées particulièrement graves.
Selon les autorités, Nathanaël Onokomba est poursuivi pour incitation ou provocation à la commission d’actes terroristes, ainsi que pour apologie d’actes terroristes. Il lui est également reproché d’avoir diffusé de fausses informations par voie électronique, des faits qui relèvent, selon l’accusation, de la cybercriminalité et de l’atteinte à la sécurité nationale.
Le dossier va plus loin. L’activiste est aussi accusé de négation, de minimisation grossière, de justification ou d’approbation de crimes internationaux, y compris des violences sexuelles des infractions particulièrement sensibles dans un pays marqué par des décennies de conflits armés. Enfin, les autorités judiciaires évoquent des faits d’apologie ou de propagande portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, une infraction prévue et réprimée par l’article 206 du Code pénal militaire, relatif notamment au terrorisme et aux crimes contre l’humanité.
Un contexte politique sous tension
Ces poursuites interviennent dans un climat politique et sécuritaire particulièrement tendu, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo, où les affrontements armés persistent et où la question de la sécurité nationale occupe une place centrale dans le discours officiel.
Du côté de la société civile et des milieux de l’opposition, l’affaire suscite une vive inquiétude. Activistes, proches et soutiens de Nathanaël Onokomba dénoncent une instrumentalisation de la justice, estimant que ces accusations viseraient avant tout à réduire au silence une voix critique du pouvoir en place. Ils évoquent un resserrement progressif de l’espace civique et politique, marqué par des arrestations et des poursuites contre des figures jugées dérangeantes.
À ce stade, aucune date de procès n’a été officiellement communiquée. En attendant, Nathanaël Onokomba demeure détenu à la prison militaire de Ndolo, au cœur d’une affaire qui cristallise les débats sur la liberté d’expression, la sécurité nationale et l’indépendance de la justice en République démocratique du Congo.

