Rabat, 7 septembre 2025 – Vingt-huit ans jour pour jour après la disparition du Maréchal Mobutu Sese Seko, son fils, le Vice-Premier Ministre honoraire Mobutu Nzanga Ngbangawe, a rendu hommage à la mémoire de celui qui dirigea le Zaïre pendant plus de trois décennies. La cérémonie s’est tenue à Rabat, au Maroc, où l’ancien président s’était éteint le 7 septembre 1997, à l’âge de 66 ans, quelques mois seulement après avoir été contraint à l’exil.

Dans son message, Nzanga Mobutu a insisté sur l’héritage symbolique laissé par son père :

« Vingt-huit ans après la disparition du Maréchal Mobutu, nous honorons la mémoire d’un homme qui, pour beaucoup, demeure le symbole de l’unité nationale. Son souvenir nous invite à dépasser nos différends, à puiser dans notre histoire commune la force de rester unis et à nous tenir ensemble comme un seul peuple, déterminé à défendre le destin de notre pays. »

Une figure qui continue de diviser

Arrivé au pouvoir en novembre 1965 à la faveur d’un coup d’État, Mobutu Sese Seko a régné sans partage sur l’ex-Zaïre jusqu’à sa chute en mai 1997, renversé par la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) menée par Laurent-Désiré Kabila, soutenue par le Rwanda et l’Ouganda.

Son régime, marqué par un culte de la personnalité et par la politique d’« authenticité » qui avait transformé le Congo en Zaïre, demeure l’un des plus emblématiques du continent africain. Pour ses partisans, le Maréchal incarne une période de stabilité, d’unité et de prestige diplomatique pour le pays. Ses détracteurs, eux, retiennent surtout l’autoritarisme, la répression politique et une économie minée par la corruption et le clientélisme, qui ont plongé le pays dans une profonde crise à la fin de son règne.

Une mémoire toujours présente dans le débat politique

Installée depuis son décès à Rabat, la sépulture de Mobutu reste un lieu de recueillement pour sa famille et ses partisans. Si la République démocratique du Congo n’a jamais organisé de rapatriement officiel de sa dépouille, la question revient régulièrement dans le débat public, symbole d’une mémoire nationale encore inachevée.

L’hommage de Nzanga Mobutu, ancien ministre et candidat à l’élection présidentielle de 2011, s’inscrit dans une volonté de réhabiliter l’image de son père et de rappeler le rôle fédérateur qu’il attribue à sa mémoire. À travers ses mots, il appelle à la cohésion et à l’unité nationale, dans un pays toujours traversé par des tensions politiques, sécuritaires et sociales.

Un héritage contrasté

Plus de deux décennies après sa disparition, la figure du Maréchal continue de hanter l’histoire congolaise. Certains voient en lui un « père de la nation », qui avait su préserver l’intégrité territoriale et maintenir l’État au cœur de la guerre froide, alors que d’autres dénoncent la faillite économique et institutionnelle héritée de son long règne.

Vingt-huit ans plus tard, l’hommage rendu à Rabat illustre combien la mémoire de Mobutu Sese Seko reste vivace, au croisement de la nostalgie, de la critique et de la quête d’unité nationale.

Jeampy ALIVISION

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